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Hommage aux anciens de la musique africaine

Ben Sabas (D.G Ben’S Prod - Africa Music) : « Il ne faut pas abandonner les légendes de la musique africaine »

mercredi 29 juillet 2009 par Sebastien Kouassi
 

Pouvez- vous nous présenter votre structure et l’événement que vous organisez ? Ben Sabas : Ben’S Prod-Afrika Music, département Musique et évènementiel, s’occupe de la production et de la distribution d’œuvres discographiques, de la production de spectacles ainsi que de la publicité. Côté musique, nous produisons tout ce qui est World Music, tout ce qui est musique de recherche. Tous les artistes que nous produisons ou distribuons savent faire du live. Nous donnons aussi parfois la chance à certaines personnes de se réconcilier avec la société : c’est le cas de Atayi Codjo Armand dit Béhanzin dont l’histoire a défrayé la chronique. Aujourd’hui, il a sur le marché du disque un album (Dieu Seul) qui appelle au pardon et à la réconciliation. Côté spectacles, nous nous sommes véritablement inscrits dans une ligne de promotion de la culture africaine dans toute son originalité. Nous avons à cet effet, organisé la première édition du Festival des Masques et Danses Traditionnelles d’Afrique avec la présence à Abidjan des fameux « Zangbéto » du Bénin et les Jongleurs aux couteaux venus de l’ouest de la Côte d’Ivoire. La prochaine édition aura d’ailleurs lieu dans le second semestre de 2010. Bien avant ce rendez-vous, nous organiserons la soirée « Hommage aux Pionniers de la Musique africaine » le Samedi 06 Février 2010 à la salle climatisée (1500 places) du palais de la culture. C’est la raison de notre présence dans vos colonnes.

Pourquoi l’organisation d’une telle manifestation ? B.S. : C’est un projet qui nous tient à cœur depuis longtemps. Et après le succès qu’a connu le Festival des Danses Traditionnelles et des Masques en avril dernier au palais de la culture de Treichville, nous avons jugé opportun de poursuivre sur notre lancée en initiant cette fois, une cérémonie d’hommage aux anciennes gloires de la musique africaine. Nous avons pour souci de célébrer ces sommités de la musique qui sont pour la plupart oubliées tant par les autorités que par le public et qui vivent dans des conditions difficiles.Il ne faut pas les abandonner. Mais en plus, il vaut mieux les célébrer de leur vivant que de le faire à titre posthume. Voici autant de raisons qui expliquent notre choix.

Quels sont ces sommités et surtout les critères de choix ? B.S. : Pour une première édition, nous ne nous sommes pas imposé de critères particuliers.Nous avons juste mis l’accent sur les conditions de vie difficiles de nombre de nos anciennes gloires qui pour nous, ne vivent pas des retombées de leur talent. Nous avons jugé cela injuste. Et pêle-mêle, nous avons choisi Allah Thérèse, Daouda le Sentimental de Côte d’Ivoire et le doyen G.G Vickey du Bénin. Sur ces choix, personne ne nous contredira quant au talent des artistes. Mais en plus, ce sont des artistes dont les œuvres ont été reprises et adaptées au goût du jour par des artistes de la nouvelle génération. Ceci dit, nous comptons associer d’autres anciennes célébrités à ces trois têtes de pont. Nous sommes pour cela en discussion avec d’autres artistes de l’ancienne époque. En temps opportun, nous vous donnerons de plus amples informations.

Vos structures dirigeantes c’est-à-dire le Burida et l’Unartci, sont-elles associées à votre événement ? B.S. : Évidemment qu’elles doivent être informées de la tenue de notre manifestation. Et sur ce plan, il n’y a pas d’inquiétude à se faire car nous nous entourerons de toutes les garanties avec le soutien du Burida et de l’Unartci avant d’organiser notre manifestation. Je profite d’ailleurs de l’occasion que vous m’offrez pour saluer le tout nouveau président du Conseil d’Administration du Burida, Gadji Céli qui pour nous est sur le bon chemin pour revaloriser non seulement les différents métiers de l’art, mais surtout notre maison commune. En tout cas, il a notre soutien et nous sommes disposés à l’aider à quelque niveau que ce soit malgré nos modestes moyens.

Qu’avez-vous comme message avant la tenue de votre manifestation ? B.S. : Pour l’événement, nous sollicitons le soutien des autorités ivoiriennes avec à leur tête le Président de la République, S.E.M. Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume K. Soro ainsi que le ministre de la Culture Augustin Koumoé Kouadio. Nous disons à tout le monde de nous aider à faire connaître les valeurs culturelles de l’Afrique à travers ses vrais bâtisseurs. Toutes les générations ainsi que les entreprises, doivent aussi apporter leur aide à ces monuments à travers des dons et en prenant une part active à la réussite de cette soirée hommage. Il faut aider les artistes africains et leur donner leur chance.