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Concert de Tiken Jah samedi dernier

Le descendant des Fakoly fustige les présidents dictateurs

*Tiken assure le spectacle.
lundi 27 avril 2009 par Y.DOUMBIA
 
Ce samedi 25 avril, on ne se bousculait pas trop aux entrées du parc des sports de Treichville. Aux environs de 15h30mn, la canicule a dispersé le peu de monde déjà installé dans la tribune, l’obligeant à rechercher un peu d’ombre sous les arbres éparpillés dans l’enceinte du stade. Il faut attendre jusqu’à 17 h pour voir les " reggaephiles " affluer à l’entrée principale du stade. Les baffles avaient déjà commencé à cracher des tonnes de décibels comme pour annoncer l’arrivée imminente de Tiken Jah. A 18h20mn, le descendant de Fakoly apparaît. La foule d’admirateurs aux aguets tentent de le toucher. La sécurité bataille dur pour lui permettre d’accéder à sa loge. Entre-temps, plusieurs artistes locaux font le show avec le public qui gagne en volume. L’on a pu voir Abraham Moussa, Zongo, etc. Quand à 19h15mn l’animateur John Jay monte sur scène, le public devine aisément que Tiken n’est pas loin. 10mn plus tard, l’auteur de ’’Mangecratie’’ fait entendre sa voix à travers " Saratikan ", un titre de son Album " Cours d’histoire ". Dans une belle chorégraphie, il apparaît sur scène, habillé de son éternel boubou volant, esquissant au passage des jeux de jambes sous les cris du public acquis à sa cause. Le décor venait d’être ainsi planté pour 2 heures de show non stop ponctué de messages engagés à l’endroit de la jeunesse africaine. Tiken Jah entonne successivement " Le descendant de Fakoly (cours d’histoire), " Quand nous serons unis " (l’Africain), " Danga " (caméléon). Débordée, la sécurité a assisté, impuissante, à la rupture de la barrière de sécurité et le monde a littéralement envahi les abords du podium à 19h45mn. Cela n’empêche pas Tiken Jah de continuer sa croisade musicale. Il parcourt tous ses albums pour le plus grand bonheur de ses fans. Il dédie spécialement une chanson à la Guinée, un pays, dit-il, qui est riche et dont les populations sont pauvres. " Pour avoir de l’électricité, chacun à son tour comme chez le coiffeur ", constituait le refrain de cette œuvre musicale. Il fait monter le mercure avec " Fôli " (l’Africain), " Viens voir " (l’Africain), " Fakérissa " (caméléon), " Tata " (cours d’histoire). Il entonne cette création lyrique avec le groupe zouglou " Magic system ". La foule est en transe lorsqu’il entonne le chant " Quitte le pouvoir " (Françafrique). Dans ce chant, il a dénoncé tous les présidents africains qui s’accrochent au pouvoir au mépris des principes de la démocratie. Comme pour répondre à ces présidents dictateurs, il a entonné " Le balayeur balayé " (Françafrique) pour dire à ceux-ci " s’ils n’écoutent pas le peuple, ils subiront le même sort que connaissent tous ceux qui rusent avec le jeu démocratique ". La star du reggae n’a pas manqué d’inviter les jeunes africains à ne compter que sur eux-mêmes pour le développement de l’Afrique. Aux Africains, il recommande les Etats-Unis d’Afrique pour être plus forts. Il a terminé ce show en rendant hommage à Barack Obama, avant de condamner dans ’’Ibadan’’ le mariage forcé. C’est sur cette note musicale que Doumbia Moussa alias Tiken Jah Fakoly a bouclé son concert live. Il a tout simplement " Dja foule " (Il a assuré le spectacle en argot ivoirien), comme l’a signifié un mélomane à la sortie du stade à 21h.

Une sécurité défaillante Au cours de ce concert, la sécurité a une fois de plus montré ses limites. La barrière de sécurité érigée entre le public et le podium a cédé sous la pression du monde. Le public s’est retrouvé si proche du podium que tout pouvait arriver.

Des loubards à la place des gendarmes A part 4 gendarmes que nous avons aperçus dans l’enceinte du stade, il n’y avait que des loubards. Moins aguerris pour des questions de sécurité, ces gros bras étaient plus impressionnés par le spectacle de Tiken Jah que la tâche qui leur a été confiée

Vols et bagarres au menu Dans le cafouillage crée par la défaillance de la sécurité, les jeunes voyous s’adonnaient à leur activité préférée ; celle de voler les portables des spectateurs. A plusieurs reprises, des bagarres ont éclaté parce que des voleurs avaient été pris la main dans le sac.

Une sélection de Y.DOUMBIA