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GUERRE EN CÔTE D’IVOIRE

Laurent Gbagbo avoue : « J’ai été naïf... »

jeudi 17 décembre 2009 par Hervé KPODION
 
C’était au cours des échanges avec la presse nationale et internationale, à l’occasion des 45 ans du quotidien pro-gouvernemental Fraternité matin. Le président de la République a donc présenté des excuses au peuple de Côte d’Ivoire. « Je voudrais présenter des excuses aux Ivoiriens. Ils m’ont élu, ils m’ont confié leur destin et j’ai été assez naïf d’être surpris par une guerre civile. Je ne pensais pas que quelqu’un pouvait faire une guerre civile pour le pouvoir et sincèrement je voudrais présenter des excuses aux Ivoiriens », a dit le numéro 1 ivoirien. Il a assuré que « cela ne se répétera plus, ni avec moi, ni avec quelqu’un d’autre parce que toutes les dispositions seront prises. La Côte d’Ivoire, ce pays, ne doit plus être surpris par une guerre civile ». Le chef de l’Etat dit avoir compris pourquoi les pays développés ont des armées « aussi puissantes ». Il a annoncé que la Côte d’Ivoire en fera autant parce qu’étant un pays de référence, il doit avoir « une armée de référence ». L’invité de Fraternité matin a assuré que dans 10 ou 15 ans, les Ivoiriens connaîtront les visages de tous ceux qui ont pensé la guerre que le pays a connue. Le chef de l’Etat s’est aussi prononcé sur les mouvements sociaux dans le pays. « Ces mouvements sociaux, surtout la grève des greffiers, freinent notre avancée vers les élections, nous ne pouvons pas l’accepter. Les efforts que nous avons faits à la tête du pays pour l’amélioration des revenus des fonctionnaires n’ont pas d’équivalent dans l’histoire de la Côte d’Ivoire », a déclaré M. Gbagbo, notant que la masse salariale des fonctionnaires atteint 45 % du budget annuel du pays, ce qui n’est pas normal, selon lui. Il a fait remarquer aux fonctionnaires grévistes que l’objectif actuel, c’est le recrutement dans certains secteurs comme l’éducation et la santé. « Je pense que j’ai fait suffisamment pour ceux qui sont en poste. Je n’augmenterai pas les salaires d’un iota, on parlera d’augmentation après le point d’achèvement (de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés, Ndlr) », a martelé le président candidat. Le chef de l’Etat a justifié sa présence au pouvoir malgré l’expiration de son mandat constitutionnel depuis 2005, en brandissant les articles 38 et 39 de la Constitution ivoirienne. « La démocratie n’est pas faite seulement par le vote, mais aussi par la Constitution et les lois. Il faut que l’Etat existe et que quelqu’un l’incarne. La situation que nous traversons m’indique d’être là, c’est pourquoi je suis là. On ne peut pas dire qu’on est démocrate si on ne peut pas en même temps respecter les textes et en premier lieu la Constitution qui est la norme supérieure à toutes les normes », a souligné le candidat de La Majorité Présidentielle (LMP). LES QUESTIONS MILITAIRES RESTANTES Parlant du désarmement, le président Gbagbo a fait des éclairages sur les questions militaires restées en suspend après la signature, par lui, de sept décrets pour le règlement desdites questions. Il a expliqué qu’avant de signer un texte, il mettait « face à face » les responsables des deux armées ex-belligérantes. « Il y a des points sur lesquels ils sont tombés d’accord et il y a des points sur lesquels ils ne sont pas encore tombés d’accord. Les points sur lesquels ils sont tombés d’accord, j’ai signé les décrets (...) », a-t-il indiqué, avant de révéler : « Il reste un point à signer sur 300 policiers issus des FAFN formés à l’époque de Pretoria. Comment se fait leur intégration à la police nationale. C’est le débat qu’il y a entre eux. Il reste un texte sur 10 policiers qui avaient rejoint la rébellion et pour lesquels aucune solution n’a encore été trouvée sur le salaire. On leur donne le rappel ou on ne leur donne pas le rappel. Ce sont des questions qui pour nous sont marginales mais il faut un accord. Et puis, il y a le troisième point sur les Com’zones. Un accord a été trouvé mais n’a pas encore été peaufiné ». Autre sujet abordé, la crise guinéenne. Le chef de l’Etat a souhaité que la crise en Guinée ne devienne pas militaire, et pour cela, il a soutenu que plusieurs chefs d’Etat de la sous-région, dont lui-même, y travaillent. M. Gbagbo a apporté son soutien au président burkinabé, médiateur dans cette crise qui rencontre déjà des difficultés. En outre, répondant à ses adversaires qui l’accusent de vouloir s’éterniser au pouvoir, le président candidat a fait remarquer que « plus vite on va aux élections, mieux ça ira pour moi. J’ai intérêt à ce que les élections se tiennent vite ».


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